Les bluettes de NatpointG

Toi qui entres chez moi par inadvertance, je dois te prévenir que ce blog n’est pas mon journal intime (quoi ça y ressemble ?!), qu’il n’a aucune prétention littéraire, si ce n’est celle te faire sourire. Je sais, c'est pas gagné...

29 juillet 2008

PETITE SOEUR

On s’est cachés dans un coin, au fond du salon, comme quand on était mômes et qu’on jouait à se faire peur. On se terrait dans le noir et puis on surgissait en criant, ça nous faisait marrer...

Tu es remontée de la cave avec un pot de confiture dans les mains. Je t’ai regardée passer, de dos, je t’ai trouvée encore plus menue qu’avant, tu m’as fait penser à un petit oiseau tombé de son nid et je n’ai pas aimé te voir si fragile.

Dans la cuisine, tu as posé ton pot et puis tu t’es retournée.

On était là, à te regarder, un sourire un peu niais accroché aux lèvres. On se demandait quelle serait ta réaction.

Tu nous as vus et tes yeux se sont troublés. Je crois bien que c’est la première fois que j’aperçois ce que tu caches derrière ton éternel sourire. Alors forcément, moi aussi ça m’a mis le regard à l’orage. Quand je t’ai serrée dans mes bras, un instant, j’ai eu le sentiment d’être l’ainée de nous deux, celle qui rassure, celle qui console.

C’est si rare de se retrouver toutes les trois avec nos tribus. La dernière fois, je ne m’en souviens plus, c’est si loin...

C’est drôle, nos accents ne sont plus les mêmes... Chacune de nous est partie dans sa direction, sans se retourner. Nos enfants ont grandi, loin de leurs cousins... Le téléphone et les sms sont notre seul lien, ténu.

Oui, c’est vraiment rare de se retrouver en famille... Il fallait bien que tu changes de décennie pour qu’on se déplace !

Aujourd’hui c’est ton anniversaire tite sœur. Je t’embrasse très fort.

Et une pensée toute particulière pour Coco et Mich. Merci...



05 mars 2008

MA BELLE

Je me souviens de notre rencontre, des escaliers blancs, de son sourire, de notre premier éclat de rire. Je crois que la foudre nous est tombée dessus ce jour-là, depuis il y a comme une flamme entre nous...

J’ai oublié l’année, elle aussi, à croire que le temps qui passe coule sur nous sans éroder cette flamme...

Quand ma Belle me regarde, je sais ce qu’elle pense, quand elle commence ses phrases, je les finis, mettre des mots entre elle et moi serait superflu...

Elle est tendre et pudique et j’aime ça. Son sourire, sa voix, son regard me vont droit au cœur, je sens bien qu’il bat différemment quand elle est près de moi.

Pour ma Belle, je ferais n’importe quoi, j’irais au bout du monde pour la rejoindre, je lui décrocherais la lune (enfin la dernière fois qu’on s’est vues, je lui ai décroché une porte... je sais, c’est n’importe quoi, je vous avais prévenus...).

Oui pour elle, je ferais l’impossible si elle me le demandait, je ne fumerais plus, j’éviterais ces murs contre lesquels je m’écrase trop souvent, je deviendrais une fille raisonnable (à l’impossible nul n’est tenu hein...)

Ma Belle prend soin de nous, elle sait comme moi le goût amer de l’amitié qui fout le camp. Elle me manque dès que je la quitte un peu, j’aime la sentir près de moi, elle apaise toutes ces brûlures à l’intérieur. Parfois, je me dis que si on se laissait j’en crèverais comme on crève d’un amour qui fout le camp.

Aujourd’hui, ma Belle a un printemps de plus et j’espère être à ses côtés pour tous ses printemps à venir.

Bon anniversaire ma Belle.

12 février 2008

TU DORS ?

Tu t’es endormi sur le canapé et je n’ai pas eu le temps de te parler de cette journée.

Quand tu dors, je retrouve ce bébé d’il y a quelques années.

Bien sûr, tu as perdu ton visage poupon, tes joues sont moins rondes et tes mains plus fines. Mais ton sommeil est toujours le même, paisible.

Je ne pose plus ma main sur ton ventre pour sentir ta respiration, tout va bien, je sais.

En quittant la maison ce matin, j’avais envie d’entendre ta voix, je voulais que tu me serres fort dans tes petits bras, sentir ton cœur battre pour nous deux, respirer le même air que toi.

J’avais une boule au ventre, tous ces gens autour de moi, j’aurais bien aimé leur dire « je dois partir, mon fils m’attend » mais je suis comme toi, je dois grandir...

Je t’ai pris dans mes bras pour t’emmener dans ton lit, c’est vrai que tu as grandi. Tu t’es accroché à moi, comme avant et j’ai aimé ça.

Aujourd’hui, c’était un jour particulier, tu as eu huit ans, moi j’ai fait ma première séance de dédicaces, ton frère s’est arraché la moitié du visage sur la neige verglacée. C’était une drôle de journée et ça m’étonnerait que je l’oublie.

Bon anniversaire mon cœur.

14 janvier 2008

ONE MOURE AGAIN

Je me rappelle de ce jour comme si c’était hier. Pourtant, c’était il y a onze ans déjà...

C’était un mardi, dehors il faisait froid, les rues étaient tristes sous la pluie. J’ai quitté mon appartement, une valise à la main, je savais que je ne reviendrais pas tout de suite, je savais que je ne serais plus jamais seule.

Je ne connaissais rien de ton visage, de ton regard, mais déjà mon cœur battait au rythme du tien.

Ce moment là, je l’ai joué dans ma tête maintes et maintes fois, je t’ai attendu si longtemps...

J’avais peur, on a toujours peur la première fois.

Et puis tu es entré dans ma vie. Je n’ai pas trouvé les mots, l’émotion me prenait tout. J’ai essayé de retenir mes larmes...

Les premiers jours, mes gestes étaient malhabiles et mon amour si maladroit.

C’était il y a onze ans. Je crois que je suis née avec toi.

Chaque jour que je passe à tes côtés me fait grandir un peu, tu m’apprends à vivre, c'est un boulot à plein temps. Tu m’apprends à me redresser quand je tombe, à aimer aussi.

Bon anniversaire mon ange.

11 janvier 2008

FLASH SPECIAL

Bon, pour ceux qui n'auraient pas compris ma bluette précédente et les commentaires qui ont suivi, aujourd'hui c'était mon anniversaire et aujourd'hui  le petit Ewan (fiston de Schupette) vient d'arriver sur notre planète !!!! Tin, m'a grillé mon anniversaire le sale gosse !!!!

A la clinique, il y avait plein de petits gnomes nés le même jour que moi, ça m'a fait tout chose.... Je les entendais brailler, et je me suis dit que finalement même avec quelques années de plus, je leur ressemblais...

Ewan, je te souhaite la bienvenue dans ce monde de sauvages.

bises à Schupette et à Dany, les parents (François n'est pas le père d'Ewan !!!!!)

ONE MOURE

- Bon anniversaire maman !!

- Oh merde merci.... Un peu plus, j’oubliais...

- T’as quel âge ?

- Quel âge ?

- Oui...

- J’arrive à un âge où les bougies me coûtent plus cher que le gâteau.

- Et ça fait quel âge ?

- On ne demande pas son âge à une dame !

- Allez !!!

- J’ai le même âge que la Danette (ça ne s’invente pas...)

- C’est comme Mamie ?

- Tu rigoles, elle a plus de 70 ans !!!! Tu me trouves si vieille ?

- Ben je sais pas... Nonnnnn !!!.

- Ah, j’ai failli attendre ! Ecoute on va faire un marché. Si tu me fais un cadeau pour mon anniversaire, je te dirai mon âge à l’oreille.

09 janvier 2008

SIMONE

- Maman, c’est qui Simone Bo... ?

- Simone de Beauvoir. C’était une grande dame. Elle aurait eu cent ans aujourd’hui.

- Alors elle est vieille.

- Elle n’est plus en vie, mais on pense encore à elle parce qu’elle s’est beaucoup battue pour les femmes.

- ... Tu dis qu’il faut pas se battre...

- Mais elle, elle s’est battue avec des mots. Elle a écrit de très beaux livres.

- Elle a écrit quoi ?

- Un jour, je t’expliquerai.

Oui un jour je t’expliquerai qu’une femme ne se possède pas, que tu ne peux pas l’enfermer comme on met un oiseau en cage, ni la battre parce que tu es un homme et elle une femme.

Je t’expliquerai que la femme n’est pas mère de tous les vices. Qu’au creux de ses reins naissent nos lendemains, accroché à son sein le monde masculin.

Je t’expliquerai que les femmes sont belles, fragiles, imparfaites.

Je t’expliquerai que les femmes sont mes paires et mère. Je t’expliquerai que leurs larmes sont les miennes, qu’elles sont mes richesses et mes tendresses.

Je t’expliquerai pourquoi je dois tant à Simone de Beauvoir, à Simone Veil, à Gisèle Halimi, à ces 343 salopes. Je t’expliquerai pour que tu deviennes un homme mon fils.

11 mai 2007

MERDEUSE

Je suis arrivée alors qu’on ne m’attendait pas. « Oh punaise, c’est encore une fille... » « Tu es sûr ? La poisse... » Heureusement que je ne suis pas née en Chine moi !!!

Donc, je suis née la dernière d’une série de trois filles. Petite mes sœurs m’appelaient « merdeuse ». Faut avouer que j’étais pénible, toujours accrochée à leurs basques, à vouloir les suivre, leur ressembler. Je me promenais le nez en l’air en espérant que de là haut elles s’intéresseraient à moi. Et je ne voyais les râteaux qu’elles évitaient. Alors forcément, moi à chaque fois je trébuchais. Je m’écorchais les genoux, je saignais de partout. Mes sœurs me relevaient et je continuais ma route en leur courant après. J’ai brûlé les étapes pour grandir comme elles. Et je me suis brûlé les ailes...

Aujourd’hui rien n'a vraiment changé, je suis toujours la «merdeuse» inconséquente de mon enfance, je tombe, je saigne, je pleure. Et comme quand j’étais môme, mes sœurs accourent et me relèvent.

Bon anniversaire Domy.

06 avril 2007

DE TOI JE GARDE

Difficile d’écrire sur nos amours passés sans penser blesser l’amour présent.

Pourtant, ils sont là, au creux de nous, ces amours ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. De lui, je garde la liberté, de lui, la voix de velours, lui, nous avons passé tellement de nuits à nous écrire...

Et toi, qu’est-ce que je vais garder de toi ?

De toi, je garde une blessure, difficile à cicatriser. Une nouvelle que tu ne liras sans doute jamais.

De toi, je garde le même amour pour la musique et le vin. Quelques bouquins aussi.

De toi, je garde nos nuits sans sommeil. Nos mises à nu, douloureuses, nos larmes et nos éclats de rire.

De toi, je garde un regard. Un amour si particulier, écorché. De toi, je garde un « je t’aime » comme un adieu.

De toi je garde le meilleur. Le reste, je l’ai abandonné sur une route de campagne en partant.

Bon anniversaire.

05 mars 2007

SUPER NANA

J’ai rencontré une super nana. Le genre de fille qui vous attache sans qu’on s’y attende. Je ne la connais que depuis quelques mois mais déjà elle me manque.

J’aime son regard triste, son cœur cabossé par les misères de la vie. Elle est pétillante comme le vin d’Asti, vulnérable comme la fin du jour.

Chaque fois que je la retrouve, je me dis que j’ai la chance de connaître une super nana. Elle me fait rire quand mes illusions foutent le camp. Elle est toujours là, pour le pire et le meilleur.

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. J’aimerais lui offrir quelque chose de... personnel. Tiens, mes bas de contention. Ou alors ma crème Q10. Non j’en ai besoin. Un de ces objets oblongs ? Non, elle s’y attend.

Et si je la libérais ? Elle que je cache au fond de ce tiroir depuis quelques années. Que je laisse à l’abandon parce qu’on l’a esquintée. Fidèle, maladroite, fragile si l’on n’en prend pas soin. Oui... pour une fois, je vais la libérer, la laisser s’exprimer, sans contraintes. Cette super nana en vaut la peine.

Pour toi Gigi... mon amitié particulière.

Bon anniversaire.

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