14 octobre 2008
MAYVA
Je ne t'ai jamais parlé d'elle. Je ne t'ai jamais parlé de ce quartier.
C'est le quartier qui l'a regardée pousser. Gamine, elle aimait bien ces arbres et ce petit parc derrière, coincé entre le pont et l'autoroute. Là, elle respirait, elle courrait à perdre haleine, elle s’écorchait les genoux et elle grandissait à l’abri des blessures de l'enfance.
De temps en temps, elle escaladait la pente dans le parc et elle regardait les voitures passer accoudée sur la glissière de sécurité. C’était bon de se laisser transporter par le bruit des voitures qui passaient sur le pont, c’était doux de se dire « un jour moi aussi je partirai, je quitterai ce quartier sans vie, désabusé, je laisserai derrière moi le gris du pont, le noir de ses sentiments, et je ne me retournerai jamais... »
Et puis un soir, elle est vraiment partie. C’était trop tôt... Il faisait nuit, la pluie se mélangeait à ses larmes et le vide creusait déjà à l’intérieur d’elle. Elle a franchi le pont, elle pris l’autoroute et elle ne s’est jamais retournée.
Tu vois, ce quartier est devenu son no man’s land. Après les affrontements, il ne reste jamais rien, tout est mort, même les couleurs ont disparu. Elle ne revient jamais par ici.
Non, je ne t’ai jamais parlé d'elle. A quoi bon remuer les souvenirs ? Je ne t'ai jamais parlé de ce quartier non plus...
Pourtant, c'est là que tu étais l’autre soir... Tu attendais qu'elle te rejoigne sur ce pont et je t'assure qu'elle était là, si près de toi... Pour elle, tu as remis de la couleur sur le pont, tu as remis du vert dans les arbres...
Tu lui as montré l’enfance avec de la couleur et ça l'a rendue tellement plus douce...
(Merci à Schuppette pour ses photos... J'espère que les mots seront à la hauteur de ton regard)
Commentaires
Je l'aime beaucoup ce texte.
C'est fou comment tu as detourne les photos. J'aime bien.
Je trouve juste que la tonalité des photos ne vont pas avec le bleu ambiant
:)
... Pfiou... fort ce texte... joli duo... Sympa comme idée les photos et le texte !!
Un superbe ensemble. Les mots semblent faire comme une seconde peau aux photos. :~)
@ Aude : ;) Merci beaucoup !
@ Schuppette : Eh eh tu me connais je détourne tout... En tout cas, elles sont belles ces photos, je les aime vraiment bc !
@ Tatiana : Merci Mamzelle, oui c'est sympa comme idée de mettre des mots sur des photos, mais c'est pas simple parce que le ressenti de celui qui photographie et de celui qui écrit n'est pas le même alors il faut accepter que l'un change le regard de l'autre.
@ Tant-Bourrin : C'est joli ce que tu as écrit... Merci.
bises nath
Nath, je me permets de te dire que je n'ai rien compris à ton texte... Bon, il faut que j'avoue qu'étant jeune j'étais blond et il m'en reste quelques touffes, je fais peut-être un coup de Calgon... je vais sûrement le relire... les photos, bien très bien... mais le texte... pas compris !
Bleck
@ Bleck : Pfff ça fait deux fois qu'on me dit qu'on ne comprend pas ce que j'écris... Vraiment faut que je me repose ou alors c'est ta blondeur, oui c'est ta blondeur !
Non sérieusement, je peux comprendre que tu n'aies pas compris le texte... Parfois on manque de recul sur ce qu'on écrit, pour nous c'est tellement clair, mais pas pour les autres...
Promis, la prochaine bluette sera limpide !
bises
très jolie prose, merci.
Et tu touches pile, comme d'hab...
@nath: je savais que tu allais detourner les photos et j aime bien ce detournement. chacun a sa vision, après faut l'accepter.
Donc j'accepte, sinon j'aurais pas proposé :)
@bleck: il fallait juste comprendre que je rendais des couleurs aux endroits mornes ;) le reste on s'en fout. Ha non c'est pas vraiment ca?!
@ Kinou : Merci ! c'est pas toujours de la jolie prose chez moi, c'est souvent à ras les paquerettes !
@ Je rêve : Merci ! J'essaye de partager mes mots avec vous mais c'est pas toujours évident.
@ Schuppette : Moui je sais bien que tu acceptes que je détourne ton regard, ça te perdra !!!
C'est vrai que tu as rendu des couleurs à un endroit qui était morose, le reste on s'en fout !
bises
Un bon moment que je n'étais pas passée par ici...faut dire que je ne blogotourne plus comme avant, faute de temps.
Du coup, j'ai un peu perdu le fil, et ai pensé que MAIVA n'était pas une histoire vraie, mais un récit inspiré par les photos de Schupette?
Quoiqu'il en soit, la poésie est belle et bien là.
PS: J'savais pas que tu faisais sérieusement concurrence à Pamela ( suite à ta note, + bas);-)
Chère Nat, très beau texte plein de mélancolie et de poésie ! C'est un texte qui va bien avec l'automne et les feuilles mortent qui se ramassent à ...
gros bisous
Nostalgie automnale qui nous tombe sur les épaules tel cet air vif acier qui nous rappelle que comme la jeunesse, l'été est fini et qu'il faut se couvrir contre les attaques du temps.
Merci
Je suis sûre d'avoir laissé un com' mais la machine a dû l'avaler... parce que l'enfance avec des couleurs, je sais comment ça m'a fait frémir.
@ Miss Julie : pfff moi c'est pareil, je n'ai plus le temps de rien...
Merci pour ton commentaire.
J'ai essayé de faire concurrence à Pamela Anderson, mais personne ne s'y est trompé !!!
@ Momo : joli commentaire... c'est vrai que ce texte s'habille bien des couleurs d'automne. Je te bise ma grande.
@ Maky : Wouhaaaa là je suis scotchée, c'est super beau...
@ Polly : ben vi la machine a avalé ton dernier comm. Mais c'est pas grave parce que celui-là je le trouve particulièrement beau...
bises
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